Art & Culture

Parlons d’Elles

Parlons de la belle Nefertiti, grande épouse royale d’Akhenaton, reine de la XVIIIème dynastie, exilée et portée disparue « pour la stabilité du pays », qui pourtant régna dans l’ombre sur la vallée du Nil, même après sa disparition, sans gloire ni reconnaissance.

Parlons de ces femmes qui avaient la lourde responsabilité de voiler de l’Enfant-roi la féminité secrète pour et par laquelle il périt. Parlons de ces artisanes inconnues de la grandeur d’une Egypte bouleversée par les remises en cause des religions et traditions, confinées entre le miel du maître et le lait de ses amants, victimes de tous viols et pourtant Achille et talon à la fois d’une gloire qui ne durera point.

Qui leur rendra leurs rêves, leurs amours, leur vie et leur histoire?

Nefertiti Aristopathe
Nefertiti – Crédit photo Info Escola (c)

Parlons de Etiomi, de Sénokom, de Ménousoué et de Dononkoué, dernières reines libres d’Abomey, femmes du prince Ahokponu ou Kondo-fils-de-Glélé, plus connu sous le nom de Gbehanzin-aï-jèrè, roi du Dahomey, souverain-martyr de la colonisation Française en Afrique de l’Ouest.Oui, parlons de ces mains discrètes qui ont lutté dans l’ombre pour la victoire sur les Nagots, de ces reines-requin déportées au large de Madinina, mortes en exil pour que vivent leurs traditions.

Qui leur rendra leur faste, leurs familles, leur vie et leur histoire?

Parlons de Nandi Bhebhe, princesse des Elengani, audacieuse orpheline à la fière allure qui domptera Senzagakona, roi des Zulus. Parlons de cette femme, épouse humiliée et répudiée, mère de Chaka, souverain emblématique et mythique guerrier Zulu, qui traversera monts et déserts pour que s’accomplisse la prophétie et que règne en maître absolu, le bâtard qu’elle a porté. Parlons de cette mère, qui par son amour et sa détermination a écrit la plus grande histoire guerrière au Sud du Sahara.
Qui lui rendra ses rêves, sa beauté, sa fougue, sa vie et son histoire?

Nandi Mère de Shaka Zulu
Crédit Photo ArtsLink (c)

Souvenons-nous de toutes ces autres ouvrières de l’ombre, inconnues ou oubliées des pamphlets dithyrambiques et des tables de l’histoire d’une Afrique racontée par d’autres.

Souvenons-nous de ces mères qui ont offert aveuglement leurs garçons pour le voyage initiatique qui deviendrait plus tard la macabre triangulaire du bois d’ébène, victimes de leur hospitalité et héros de la préservation de traditions séculaires;

Souvenons-nous de toutes ces femmes enterrées vivantes pour mener jusqu’au bout le combat pour la gloire de leurs rois de maris, héros muets de traditions d’une Afrique mythologique;

Souvenons-nous de ces femmes-guerrières, amazones à toute heure, monstres de détermination et fierté d’une Afrique conquérante qui marchait tête haute;

Souvenons-nous d’elles et apprenons d’elles la ruse, le courage et la fierté qu’avec leurs noms nous, Africains, citoyens du monde parmi les autres, avons contribué à oublier.

Souvenons-nous et rendons hommage par les actes.

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