Developpement Personnel·Société

UN FOULARD AU CHEVET DE NOS PEURS (PARTIE 3/5) – Qui pilote ma vie, en fait?

Qu’elle était belle, l’époque de l’insouciance juvénile dont le plus grand plaisir était de n’avoir aucune responsabilité!

Ce billet est le troisième d’une série parue récemment (pour lire les précédents articles, clique ici, puis ) au sujet des petites choses sur lesquelles repose notre équilibre.

Pour rappel, il s’agit de:

1 notre position sociale

2 notre capacité à prédire ce qui va arriver

3 notre sentiment de maîtrise sur notre propre destinée

4 notre appartenance aux ‘bons’ groupes (amis, pro, associations, etc.)

5 notre perception de l’équité avec laquelle nous (ou d’autres) sommes traités

Dans ce billet, je voudrais partager quelques pensées profanes sur le point 3, et proposer quelques éléments de réponse à une question que beaucoup se posent parfois: suis-je vraiment « aux commandes » dans ma vie?

Aujourd’hui, adulte, on aspire à vivre pleinement notre autonomie, notre capacité à déterminer nous-mêmes nos propres règles de vie.

Dans le monde des adultes, en fait d’autonomie, il s’agit surtout de choisir les règles sociales auxquelles se conformer, les traditions familiales à adopter et transmettre, les principes moraux et dogmes religieux auxquels se soumettre…

Le point ici n’est pas de révéler que nous ne sommes jamais vraiment autonomes, mais de proposer des approches que nous pouvons adopter pour éviter le stress lié à la perception de manque de maîtrise.

Le poids des traditions familiales

« Tu dois te marier avant 25 ans, a un(e) jeune de la même tribu/région/religion que toi ».

Qui n’a pas d’ami(e) victime de la tyrannie familiale qui déclare que tout jeune non marié(e) de plus de 25 ans brûlera dans les flammes de l’enfer?

La pression familiale, particulièrement en Afrique où l’individualisme à outrance et l’auto-déterminisme n’ont pas encore pris le pouvoir, est notre compagne au quotidien. On en connaît les mots (« une jeune fille ne sort pas la nuit« , « une fille ne dort pas longtemps« , « un homme doit fonder une famille« , « il faut se marier jeune« , « on ne démissionne pas, il faut supporter« , « on ne divorce pas, il faut supporter« , « s’il te tape, c’est parce que tu es têtue. Supporte« , « tu ne peux pas acheter de voiture si tu n’as pas encore construit de maison« , etc.) mais on en connaît aussi les maux.

On connaît bien les souffrances qu’on tait parce qu’on ne trouvera personne dans notre entourage pour nous écouter et nous soutenir. Et si tu essaies de voir un psychologue, on t’accuse de folie ou on en déduit que tu fais une dépression, tu ne peux plus décider pour toi-même, tu as raté ta vie.

Mon conseil est de vivre sa vie, comme on le souhaite. « Facile à dire, tu ne connais pas mes parents! » me direz-vous. C’est pas faux…

Bon, de façon plus réaliste, il faut accepter qu’on ne puisse pas être en conflit permanent avec son entourage, même si ça fait beaucoup de bien parfois… A ce sujet, je recommande de lire ce numéro du magazine Management 👇🏾

L’une des façons de renvoyer à la famille la pression qu’elle nous met, c’est de la mettre au travail, lui confier des missions. Oui oui… si les parents vous harcèlent pour leur présenter le gendre/la brue parfait(e) dans les meilleurs délais parce que le temps passe, il faut vous en remettre à leur expertise pour l’identifier. Qu’ils se débrouillent: à l’église, chez leurs amis, partout où ils se sentent en confiance, qu’ils cherchent. Parce que vous n’êtes pas sûr de savoir reconnaître les bons candidats.

Ils se sentiront impliqués et vous foutront la paix pendant quelques longs mois, pendant lesquels vous devrez les relancer tout de même… pour leur mettre la pression. Quelle ironie!

Des lois et règlements de la république

« Ubi societas, ibi jus » disait l’autre, pour signifier qu’il n’y a aucune société organisée sans règle. C’est vrai!

Mais jusqu’où devons-nous considérer la loi comme une source de stress? Bon… quelques dispositions réglementaires aux allures d’abus interpellent quand même: l’interdiction pour les femmes de venir en pantalon dans certains bureaux de police ou dans certains bureaux du service public.

Entre nous… on en parle?

Mon avis est simple: dans la vie, il faut choisir ses combats. Si on veut obtenir une signature d’un fonctionnaire un peu misogyne qui exige la jupe, alors mettez une jeune pour aller chercher votre document signé. Je dis ca, mais que dire de ceux qui n’aiment pas le port de la barbe et demandent de la raser avant qu’ils ne vous accordent la moindre faveur (ou qu’il ne fassent simplement le travail pour lequel ils sont rémunérés)? No stress: il y a des voies de contournement pour les « petits » abus du quotidien, même si la loi, elle, est incontournable. Le combat pour le respect des libertés se fera un peu plus tard, lors que vous aurez obtenu votre document.

Quand on n’aime pas une loi, le meilleur moyen de sortir du stress est de préparer un plan pour la faire modifier, même si ça demande beaucoup d’énergie.

Mon boss, ce connard

Il arrive parfois dans le monde professionnel de se retrouver sous la responsabilité et l’autorité de quelqu’un qui peut manquer de vision et prendre des décisions opposées à celles qu’on recommanderait. Et là, une seule question nous vient à l’esprit, c’est toujours: « Heee Seigneur, pourquoi moi?! »

On peut vite se dire « c’est mon boss et c’est lui qui décidera de ce que sera ma vie tant que je travaillerai dans son équipe » et devenir soudain très anxieux parce qu’on ne peut pas anticiper les décisions insensées du boss.

Un conseil: concentre-toi sur toi et sur ce que tu dois produire comme résultat dans le cadre de ton contrat de travail. Si on ne peut pas agir sur le chef, on peut assurément travailler à la qualité du travail qu’on fournit, même si le cadre et les conditions de travail peuvent parfois devenir insupportables. Garde le regard fixé sur l’objectif et ne te laisse pas distraire par un supérieur hiérarchique qui, comme toi, passera son tour à un moment ou un autre.

Pour être sûr de maîtriser sa destinée et de piloter sa vie, il faut se concentrer sur sa vie à soi, sur les objectifs qu’on veut atteindre, et non sur notre situation relative, en comparaison aux conventions sociales, aux amis et collègues.

Si on veut voir les choses changer autour de nous, changeons d’abord nous-mêmes. Le reste suivra.

Voilà.

Ps: On se donne rendez-vous bientôt pour deux autres billets sur les façons de contourner les petites anxiétés du quotidien ?

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